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lundi 12 octobre 2015

Quelle est la contribution de la jeunesse guinéenne dans la consolidation de la paix et de la cohésion sociale surtout en ces périodes électorales?

La place qu’occupe la jeunesse dans la gouvernance d’un Etat est de plus en plus reconnue dans le monde. Le rôle de la jeunesse dans l’orientation des choix de développement d’un pays se matérialise à travers sa participation dans la gestion des affaires publiques. Le terme « politique de jeunesse » caractéristique du milieu politique désigne non seulement un engagement du gouvernement mais aussi un engagement actif des jeunes au sein de la communauté voire même au-delà de celle-ci pour aboutir à la construction de la nation et non plus seulement au développement de leur personnalité.

De ce fait, il convient de s’interroger sur la question à savoir quelle est la nature de l’engagement de la jeunesse guinéenne dans la consolidation de la paix et de la cohésion sociale notamment en cette période tendue ?

Pour rappel, dans la charte européenne révisée de la participation des jeunes à la vie locale et régionale, il est dit: « Participer à la vie démocratique d’une communauté quelle qu’elle soit, ce n’est pas seulement voter ou se présenter à des élections, bien qu’il s’agisse là d’éléments importants. Participer et être un citoyen actif, c’est avoir le droit, les  moyens, la place, la possibilité et, si nécessaire, le soutien voulu pour participer aux décisions, influer sur elles et s’engager dans des actions et activités de manière à contribuer à la construction d’une société meilleure ». [1] En effet, vu les réactions de la jeunesse guinéenne à chaque fois qu’il y a des manifestations (destruction de biens publics, conflits communautaires, harcèlement, etc.), elles nous laissent croire à un manque d’engagement dans des actions et activités de manière à contribuer à la construction d’une Guinée meilleure.

En se servant de l’échelle de participation des citoyens selon le degré d’influence sur la décision de Arnstein[2] (1969) nous nous rendons compte que la jeunesse guinéenne est à un niveau de non-participation dû à leur manipulation et instrumentalisation. Sherry R. Arnstein (1969). Arnstein suggère une échelle de la participation composée de huit échelons croissant selon le degré d’engagement des citoyens au processus décisionnel. Au bas de l’échelle (échelons 1 et 2) figurent la manipulation et la thérapie, deux approches que l’auteur catégorise comme de la « non-participation ». Aux échelons médians (échelons 3, 4 et 5), elle regroupe l’information, la consultation et la participation accessoire à des comités dans la catégorie « instrumentalisation » (tokenism). Au sommet de l’échelle (échelons 6, 7 et 8), se trouvent le partenariat, la délégation de pouvoir et le contrôle citoyen regroupés sous le vocable « pouvoir citoyen ». Elle retient que, plus la participation se situe en haut de l’échelle, plus les citoyens ont de l’assurance que leur opinion sera intégrée à la décision et appliquée dans l’intérêt des communautés. Mais hélas, en ce qui concerne la participation de la jeunesse guinéenne, elle paraît se situer en bas de l’échelle.

En effet, la jeunesse guinéenne a joué et continue de jouer un rôle majeur dans les manifestions que connait le pays. Cependant, ce rôle ne semble pas être basé sur la promotion de la paix. C’est pourquoi, nous avons dénoncé en 2008 le rôle des partis politiques dans l’instrumentalisation de ces derniers (Ethnocentrisme en République de Guinée). Cependant, le constat est qu’après des années, voire même des années avant la publication de cet article, le phénomène de la division du peuple prend de plus en plus de l’ampleur.

Les constats sur les événements que vit la Guinée actuellement sont très révélateurs du niveau de la conscience politique de sa jeunesse notamment en ces périodes électorales. La jeunesse est encore fortement politisée et reste très influencée par les partis politiques de tous bords. Par conséquent, le capital humain jeune sur lequel doit se focaliser le pays pour assurer le bien-être social de sa population est instrumentalisé. Ce fait est très dangereux dans la création d’une Nation en ce sens que plusieurs valeurs permettant de vivre ensemble comme l’engagement citoyen, les valeurs civique, la participation à la vie publique, le contrôle citoyen de l’action publique, la tolérance, la paix, le pardon, l’altruisme ont cédé le pas pour la défense des intérêts d’une minorité que celle de la majorité.

Cette dépendance d’un système qui ne favorise pas l’épanouissement des jeunes est plutôt un frein à son autonomie. La jeunesse constitue le poumon du développement de tout pays d’autant plus qu’elle constitue la force vive d’une nation. Après toutes les difficultés qu’a connues la Guinée, il importe que l’avenir du pays repose sur des jeunes plus consciencieux, plus responsables et vigoureux qui cherchent à dynamiser tous les secteurs de l’économie. C’est pourquoi, nous pensons que le développement de ce pays ne peut ignorer cette catégorie de population jeune.

Néanmoins, l’un des plus grands problèmes de cette jeunesse actuelle, est son faible degré de participation dans la gestion des affaires publiques du pays. Les jeunes peinent encore à s’organiser pour participer à la vie de la société et à la prise de décision  de façon responsable.
Ces manques d’organisation et de responsabilité doivent ils justifier ou encourager les jeunes à sortir dans les rues casser les biens publics ? Certainement NON !

Au moment où dans d’autres pays de la sous-région, nous assistons à des actions très salutaires de certains jeunes pour le développement de leur pays, il se trouve qu’en Guinée la solution pour se faire entendre est l’anarchie (casses, violences, morts, violations de droits humains, etc.). Bien qu’elle soit une façon pour se faire entendre, elle entrave le processus d’autonomisation de la jeunesse et biaise sa participation à la gouvernance démocratique en compromettant sa capacité à être un catalyseur du changement pour l’intérêt national. Les jeunes sont non seulement principaux acteurs de ces manifestations, mais seront également les premiers à subir ses conséquences éprouvantes qui vont porter atteinte à leur dynamisme, leur volonté de travailler pour le bien commun et le bien-être de tous.

C’est pourquoi, cet article se donne pour objectif de faire comprendre à la jeunesse guinéenne qu’elle sera gravement affecté en cas de crise ou de déstabilisation socio-politique.

De ce fait, elle doit s’engager dans un processus de réconciliation et de construction de la Guinée. Pour ce faire, elle doit avoir une participation politique responsable en tant qu’acteurs de cohésion sociale et de consolidation de la paix. Cela ne peut être possible qu’en valorisation son image à travers des activités collectives et solidaires (par exemple, la vie associative afin de contrôler les actions des gouvernants par le contrôle citoyen de l’action publique,  l’influence des décisions, la création de partenariats entre l’Etat et la société civile jeunes) tout en s’inscrivant dans un processus de réconciliation car elle seul  permettra aux guinéens de revivre dans la concorde et la quiétude.

La forme de manifestation actuelle de la participation de la jeunesse à  la consolidation de la paix et de la cohésion sociale en ces périodes électorales est source de destruction du tissu social guinéen déjà très fragile. C’est pourquoi, en tant que jeune se considérant comme un électeur stratégique, je sollicite une participation responsable de tous les jeunes au moment au plus notre pays a besoin de nous.
Les jeunes doivent :

     •se former à la culture de la non-violence pour être des acteurs de paix et de cohésion sociale
•extérioriser leurs potentialités afin de contribuer à la gestion des affaires publiques ;
•se former au contrôle citoyen de l’action publique ;
•développer des capacités à accompagner les autorités et les partenaires au développement dans leur processus ;
•être capables d’initier des actions dans le cadre de la gestion des affaires publiques ;
•s’approprier la stratégie jeune du gouvernement et des partenaires au développement afin de les critiquer de façon objective ;
•développer entre associations des synergies généralistes, thématiques ou géographiques ;
•se structurer à l’échelle locale, régionale et internationale ;
•nouer des partenariats sur des actions d’information, formations, recherches, échanges, plaidoyers, etc.

Cet article se limite uniquement aux jeunes parce qu’il note que ce sont les forces vives de la nation. Mais en même temps parce que ce sont eux qui sont dans les rues et aussi ceux qui peuvent utiliser leur carte d’électeur comme un moyen sure et efficace pour se faire entendre sans violence.

En outre, nous appelons à méditer sur cette citation qui dit souvent que participer à la consolidation de la paix, «implique forcément la vertu, la justice, la salubrité, la plénitude, la participation aux décisions, la bonté, le rire, la joie, la compassion, le partage et la réconciliation[3] »,
La vision de la jeunesse est-elle focaliser sur celle des partis politiques en Guinée ?

Mohamed kerfala KOMARA peut être joint à mkkomara@gmail.com



[1] Charte européenne révisée de la participation des jeunes à la vie locale et régionale. Préambule [En ligne] http://www.coe.int/t/dg4/youth/Source/Coe_youth/Participation/COE_charter_participation_fr.pdf (consulté le 11/10/15).
[2] Sherry R. Arnstein, A Ladder of Citizen Participation, Journal of the American Institute of Planners, p. 216-224
[3]abc-citations. Citations de Desmond Tutu  [En ligne] http://www.abc-citations.com/citations/desmond-tutu.php (Consulté le 11/10/15).

samedi 9 novembre 2013

LA RESPONSABILITE SOCIALE DES ENTREPRISES (RSE) EST-ELLE UN LUXE POUR L’AFRIQUE ?

La RSE est-elle un luxe pour l’Afrique ? Par Mohamed kerfala KOMARA ;

By Mkkomara
En définissant le luxe comme la quantité qui dépasse largement ce qui est strictement nécessaire[1], je peux me permettre d’affirmer que la RSE est une nécessité pour l’Afrique. Une nécessité car la RSE touche aux conditions d'existence de l’homme.

En effet, certains pensent qu’il existe une RSE africaine qui ne dit pas son nom du fait d’une vision différente de la finalité de l’entreprise elle-même[2]. Ils soutiennent l’idée que si en occident l’entreprise est une finalité en soi, en Afrique l’entrepreneur travaille pour ses proches, sa famille etc. C’est dire ici que l’entreprise n’est pas séparable du social.

Prenons l’exemple de la Compagnie Ivoirienne d’Électricité (CIE)[3] qui a constitué des fonds dans le cadre de la promotion du « vivre ensemble » et de « l’esprit de famille » visant à aider financièrement les collaborateurs de l'entreprise à faire face aux différents événements de la vie qu'ils soient heureux ou malheureux (baptêmes, enterrement, etc.). Cette initiative solidaire correspond à des pratiques typiquement africaines. Nous pouvons citer plusieurs autres exemples de ce genre qui démontrent l’intégration des pratiques de RSE par les entreprises africaines et par conséquent la prise en compte des préoccupations sociales, environnementales, et économiques dans leurs activités et dans leurs interactions. L’existence d’une RSE africaine suffit à prouver sa nécessité pour ce continent.

Encore une fois, si le luxe est ce qui est au-delà du nécessaire, en terme de classification des besoins de l’Afrique dans la pyramide de Maslow, il est évident que la RSE  fait partie des besoins primaires de l’Afrique. L’homme pour s’épanouir a besoin d’un cadre familial, éducationnel, médical et environnemental sain. Les politiques de RSE recouvrant l'ensemble de ces problématiques, la RSE est non seulement nécessaire en Afrique mais sa prise en compte par les entreprises est fondamentale.

Si l'on se concentre sur la question environnementale qui est à mon sens l'un des pans les plus essentielles de la RSE, on s'aperçoit très vite de l'urgence de la situation. Non seulement la population africaine souffre de la pollution qui est « créée » sur son territoire mais elle souffre également de la pollution provenant de zones géographiques extérieures à son territoire comme on peut le constater en analysant l'impact de la pollution de la Chine dans le monde.

À partir de ce constat, la RSE ne peut être un luxe pour aucun pays en terme d’implication pour la défense la terre, de l’humanité et de l’avenir des futures générations. En chine, un milliardaire a investi dans de l’air pur[4], ce qui démontre le degré de pollution dans ce pays et est révélateur des conséquences que peuvent engendrer l’impact de la pollution de ce pays dans les autres parties du monde notamment en Afrique.

Cependant, la mise en place de politiques RSE a un coût très élevé pour le continent, et l’Afrique a le plus faible poids économique dans le monde. Le continent manque d’élites, d'entrepreneurs et de petites et moyennes entreprises pour propulser son économie. Selon le Bureau International du Travail (BIT), l’économie informelle fournit près de 72 % des emplois en Afrique[5]. Ce sont des emplois mal payés, exercés dans des situations sanitaires et sécuritaires déplorables et qui échappent à toutes fiscalités. La notion de fonction régalienne est vidée de sa substance sur le continent africain.

Certains pensent qu’il faudrait s'assurer de l'application effective des lois contraignantes (codes de travail par exemple) avant de mettre en place des politiques RSE en Afrique. Cette idée est loin d'être dénuée de sens, mais si nous ne voulons pas faire les mêmes erreurs que les occidentaux et si nous voulons booster le développement du continent africain, il serait prudent pour nous de nous imprégner des pratiques RSE dès maintenant.

La RSE peut être un tremplin permettant à l’Afrique d'accéder au bien être en fixant le cadre de la coopération avec ces différents partenaires. M. Mario Pezzini, Directeur du Centre de Développement de l’OCDE disait très justement : « De nouveaux partenaires amènent de nouvelles opportunités aux pays africains. Pour tirer pleinement bénéfices de cette nouvelle situation, il est impératif que les priorités nationales de développement et les objectifs de en matière d’échanges d’aide et d’investissement soient clairement définis[6]». Les plus grosses entreprises présentes en Afrique viennent d’ailleurs, la définition des priorités nationales est en ce sens très importante pour le continent. Cette définition permettra de pallier à la carence de l'économie africaine en exigeant des entreprises s'installant en Afrique de mettre en place des politiques RSE dans la mesure où leur impact sur l’environnement, l’économie et la société en générale est conséquent... et qu'elles disposent de moyens financiers solides.

Tout est question de régulation, l’Afrique pourrait tirer leçon du caractère créatif de certaines règles qui ont évoluées vers la régulation juridique légale, c’est-à-dire le passage de la «Soft-Law» à la «Hard-Law» dans les pays développés. Il faut dire qu’une RSE stratégique et régulée peut être support de développement durable en Afrique.

L’impact des entreprises étrangères sur le continent africain reste aujourd'hui encore un mystère pour sa population. Ce fait peut s’expliquer par la quasi-inexistence de lobbys de consommateurs faisant pression sur les autorités publiques afin de multiplier les contrôles aux niveaux des pratiques RSE, de lobbys encourageant des pratiques ou prononçant des discours sensibles sur la question RSE et faisant des Reporting de leurs actions.

Tous ces facteurs me font affirmer que la RSE est tout sauf un luxe pour l’Afrique, il s'agit une nécessité fondamentale ayant un coût considérable pour le continent. C’est pourquoi, une régulation efficace des politiques RSE passe par une implication individuelle et collective des individus et des entreprises en Afrique.
Une question se pose : cette régulation, si elle est basée sur la Soft-Law, sera-t-elle susceptible d’inverser la balance dans le commerce international ?
  

Mohamed kerfala KOMARA est étudiant en Master de Développement (M1), spécialité Gouvernance & Management Public à l’Université Senghor d’Alexandrie. Il peut être joint à mkkomara@gmail.com


[1]Dictionnaire encarta 2009
[2]Entretien avec Alexandre Wong. http://ivoirescoop.net/axps/permalink/3881.html (visité le 28/02/13)
[3]Idem
[4]Lemonde.fr (visité le 25/02/13)
[5]Information rapportée par Therry Téné (décryptage des défis de la RSE en Afrique) visité le 28/02/13
[6]Thierry Téné, « Les enjeux de la Responsabilité Sociale de l’entreprise en Afrique » in  L. Lado et al. (dir.), La responsabilité sociale de l’entreprise au Cameroun, Yaoundé, PUCAC, 2012, p 4

mardi 16 juillet 2013

LE SEXE, UNE QUESTION GÉOPOLITIQUE ?

Article publié par les politologues Jean AMEGBLE et Mohamed Kerfalla KOMARA sur leurs blogs respectifs [1].

By Mkkomara
La dernière tournée d’Obama en Afrique subsaharienne révèle encore une fois le caractère stratégique des relations internationales dans cette partie du globe. « Tout le monde doit avoir les mêmes droits quel que soit la race, la religion, le genre, l’orientation sexuelle [2]» avait déclaré Barack Obama Jeudi 27 juin à Dakar, lors de son périple africain. Ce à quoi, son homologue Macky Sall, avait répondu. « Nous ne sommes pas homophobes. La société doit prendre le temps de traiter ces questions sans pression. Le Sénégal est un pays qui respecte les libertés [3]». Les critiques acerbes des journalistes en ont suivi pour lyncher de leur plume l’image d’un pays qui se veut libre dans ces décisions.
Il faut dire d’ailleurs que le Sénégal n’est pas le seul pays à être ferme sur l’homosexualité. En effet, quand on fait un tour panoramique sur la cartographie du vieux continent, il montre que la Mauritanie, le Soudan et le Soudan du Sud, le Nigeria et la Somalie ont déclaré les homosexuels candidats à la potence, persona non grata à cause de la peine de mort. Sur les autres 49 pays, on remarque bien que les fils à papa France n’ont pas de garde-fou pour réprimander l’homosexualité à savoir le Mali, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la RDC et l’Afrique du Sud. Cela saute très vite aux yeux qu’hormis l’Afrique du Sud, tous ces autres pays sont des colonies françaises où la présence de la métropole est encore très visible.
Contrairement à plusieurs camarades et certains législateurs en Afrique, nous sommes du même avis que la défenseuse des droits de l'Homme, Gisèle Dutheuil, directrice d'Audace Institut Afrique (AIA) qui croit que l'influence de la législation française sur le droit ivoirien est incontestable. Nous en tant que futurs cadres du continent africain et vu l’évolution de ce continent pensons que l’influence des lois sur la question de l’homosexualité sera imposée avec le temps aux pays africains notamment les pays qui ont pour métropole la France. L’un des exemples qui illustre bien ces pratiques est la loi sur le mariage en Côte d’ Ivoire pour répondre aux exigences de l'hypothétique entrée du pays au programme Millennium Challenge Corporation (MCC), programme américain de lutte contre la pauvreté mondiale.
Que cela soit clair dans les cerveaux de tout le monde, pour notre gouverne, la question de l’homosexualité n’est que la face cachée de l’iceberg. Est-ce une stratégie de gouvernance mondiale ? C’est pourquoi, nous affirmons haut et fort notre position sur toutes formes de mimétisme institutionnelle cachée derrière une aide hypothétique qui nous rend servile. Ainsi, nous lançons un appel à tous les jeunes, oui toi qui lis cet article et les tous les acteurs de la société civile africaine de rappeler de la fameuse phrase du Capitaine Sankara « Nous voulons l'aide qui nous aide à nous passer de l'aide ! »[4]
Nos constats sont partis du fait que l’identité sexuelle n’est plus de l’apanage de l’État surtout des États africains qui se voient taxés d’homophobie sexuelle et de tous les noms. Pendant ce temps, à l’autre bout de la planète, des hommes et femmes africains sont trainés dans la boue de la misère, la glaise de la pauvreté, l’étau d’un système qui favorise les riches et opprime les pauvres. Après les « Jeans », les « IPhone » d’Apple, les gadgets pro-américains pour continuer la propagande de l’hégémonie américaine, c’est au tour d’un soi-disant mariage homosexuel que des américains au cœur et au sang blanc avec une identité noire reniée depuis des siècles veulent nous imposer. Quelle identité pour l’Afrique ? Parcourez seulement Google en mettant dans sa barre de recherche « homosexualité en Afrique » : les sites d’information en ligne nous traitent de bourreaux dans leurs titres : RFI : « l’homosexualité toujours réprimée en Afrique. », Express : « l’homophobie en Afrique subsaharienne, un fléau qui ne recule pas... »
Quant au parcours historique, l’homosexualité en Afrique ou dans le monde se cache sous des concepts subterfuges qui permettent de le dédramatiser. D’abord considéré comme une maladie mentale en 1985 par l’OMS, il est classé dans une normalité physiologique et psychologique lors du congrès de 1992. Elle est remplacée ensuite par «trouble sexuel ego-dystonique». Cette démédicalisation va renforcer le droit des homosexuels et l’atteinte à la liberté sexuelle [5].  Aujourd’hui, elle n’est plus considérée comme vice et prend le statut de normes qu’on veut sauvegarder. On peut remarquer comment de manière très subtile, le noir est habillé en blanc dans ce monde de lobbying, un lobbying qui commence à prendre la forme de droit aux minorités sexuelles !
En Afrique, même si le président ivoirien affirme « Nous avons des lois en Côte d’Ivoire. Nous avons des traditions. La France fait ce qui est conforme à sa tradition. Les États-Unis aussi. Et la Côte d’Ivoire a ses propres traditions [6]». Certains auteurs de la presse pensent que la Côte d'Ivoire sur une terre d'asile pour les gays [7]. Après une imposition des prix sur nos matières premières l’heure est-il sexe ?
A-t-on déjà entendu parler d’une promotion de l’homosexualité chez les juifs, d’une subtile imposition de conditionnalités liés aux financements américains et européens à un quelconque géant chinois ? Ouvrons les yeux !!! Tandis qu’à deux lieues d’Abidjan, le non de Sékou Touré prend une autre forme dans la bouche de Macky Sall, deux jours plus tôt (le 25 Juin), un accord de financement de 30 millions de francs Cfa, soit 45 000 euros est signé entre l’ONG Ivoirienne « Alternative Côte d’Ivoire » avec l’ambassade de France en Côte d’Ivoire en présence du consul de l’ambassade des États-Unis et un représentant de l’ambassade d’Allemagne en Côte d’Ivoire. Cette subvention accordée par Fonds Social de Développement (FSD) de l’Ambassade de France en Côte d’Ivoire favorisera la réalisation du projet intitulé Weteminan, « Ensemble et tous égaux » qui vise à promouvoir et vulgariser les droits des minorités sexuelles à Abidjan. Et dire que ce genre d’évènement peut coïncider avec l’annulation de la dette dans certains pays!!!!! Marcory, Treichville, Port-Bouët, criez de joie, la France et les USA sont contents de vous !!!!
L’Afrique a tant intégré sa servilité qu’elle ne voit pas le véritable et nouvel ordre géopolitique mondiale. Ne laissons pas la honte ternir notre visage après la peur. Le sang de nos ancêtres crie à notre encontre. À nous la responsabilité maintenant et jusqu’à l’heure de la fin de la mondialisation.
Tous vers le chemin de la pensée pour lutter contre les manipulations intellectuelles (MIND CONTROL).

Jean Della Strada et Mohamed kerfala KOMARA sont des étudiants en Master I Éthique et Gouvernance option Gestion des conflits au Centre de Recherche et d'Action pour la Paix (CERAP). Ils peuvent être joints à kekelijean@gmail.com et mkkomara@gmail.com



[1] http://kekeliyaojean.wordpress.com/ , http://mkkomara.blogspot.com/
[2] Lire l’article sur RFI.com : Sénégal : Barack Obama défend les droits des homosexuels. (http://www.rfi.fr/afrique/20130627-senegal-barack-obama-defend-droits-homosexuels)
[3]Lire l’article sur APS.com : SENEGAL-USA-VISITE-POSITIONS. (http://www.aps.sn/articles.php?id_article=115249)
[4] Discours de Thomas Sankara à l’ONU, le 4 octobre 1984.
[5] Lire l’article sur slate.fr : Quand l’homosexualité était une maladie (http://www.slate.fr/story/41351/homosexualite-maladie)
[6] Lire l’article sur Abidjan.net : Société : Légalisation de l’homosexualité, Ouattara pas d’accord (http://news.abidjan.net/h/464967.html)
[7] Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Homosexualité : la Côte d'Ivoire, terre d'asile pour les gays ? (http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130701180406/)

lundi 1 juillet 2013

JOURNÉE MONDIALE DE L'ENFANT AFRICAIN

Publié le 16/06/2013 sur le site du Regroupement des Acteurs Ivoiriens des Droits de l'Humains.(R.A.I.D.H)
Journée mondiale de l'enfant africain, par Mohamed kerfala KOMARA ;


By Mkkomara
La Journée de l’Enfant Africain est un événement annuel qui commémore le massacre des enfants de Soweto[1] de 1976 par le régime de l’apartheid[2]. En effet, Les soulèvements de Soweto étaient une manifestation d'adolescents noirs en Afrique du Sud le 16 juin 1976. L’objectif de ces adolescents était de lutter contre l'imposition de l'enseignement exclusif en langue afrikaans (langue de la principale communauté blanche du pays et identifiée à l'apartheid) qui dégénéra lorsque la police ouvrit le feu.
Ainsi, cette journée a débuté par un rassemblement des écoliers et des étudiants noirs autour des banderoles soutenu par le mouvement « Conscience Noire ». Malgré le souci de ces jeunes d’exprimer leurs opinions pacifiquement et d’éviter tout affrontement avec la police, cette journée se termina par une sommation de tir. Selon les autorités Sud-Africaines, le bilan de cette sommation était de 23 morts et 220 blessées. Cependant, on a parlé aussi de plusieurs centaines de morts, et on avance parfois 575 morts dont 570 noirs[3]. Hector PIETERSEN, un jeune garçon de 12 ans est l’un des premiers morts de cette manifestation. Depuis lors, il devint symbole de la répression aveugle du régime.
Ces manifestations ont eu pour conséquence, l’adoption d’une résolution de l'ONU en 1977 portant embargo sur les ventes d'armes à destination de l'Afrique du Sud.[4] Décision appuyée également par la propagation des émeutes dans les autres villes « Townships » du pays et par la pression de l’opinion internationale.
Pour rendre hommage à ces jeunes qui ont trouvé la mort ce jour, depuis 1991, la journée de l’enfant africain est organisée chaque année le 16 juin sur tout le continent africain. En Afrique du Sud, cette journée est appelée la « Journée de la jeunesse » (Youth Day).
C’est à l’occasion de cette journée, le dimanche 16 juin 2013, que nous Regroupement des Acteurs Ivoiriens des Droits Humains (RAIDH) s’interrogeons sur la situation des enfants en Afrique générale de nos jours et en Côte d’Ivoire de façon particulière ? Quels sont les systèmes Africain de protection des droits de l’enfant ? Quel avenir pour les enfants Africains après 50 ans de l’OUA/UA ?
La situation des enfants en Afrique reste très précaire encore aujourd’hui sur le continent. En effet plusieurs problèmes sont des freins à l’épanouissement des enfants africain. Parmi ces problèmes, nous avons : les guerres, les maladies, les déplacements, les enfants-soldats, le travail des enfants, le phénomène des talibés, le trafic d’enfants, le proxénétisme, les mauvais traitements dans les foyers, le taux élevé de mortalité infantile, le non-respect du droit à l’éducation des enfants etc.
En Côte d’Ivoire, la situation des enfants reste très critique également suite à la crise post-électorale qu’a connue le pays. Le pays a beaucoup de défi à relever sur le plan de la santé, de l’éducation, de la protection contre le trafic et le travail d’enfants… Selon des statistique publié sur son site internet d’humanium, l’ONG internationale de parrainage d'enfant engagée à mettre fin aux violations des droits de l'enfant dans le monde : l’indice de concrétisation des Droits de l’Enfant en Côte d’ivoire est de 3.77 / 10[5] ce qui confirme l’état critique de la situation des enfants en Côte d’Ivoire. En plus de chiffres, l’ONG note que le taux de mortalité des moins de 5 ans est 119‰[6].Cette mortalité est souvent du au paludisme, à la diarrhée et aux infections respiratoires. Compte tenu de la pauvreté, le phénomène des enfants de la rue est très élevé. Ce phénomène est souvent visible chez les enfants orphelins. Selon des statistiques environ 16.000 enfants sont contaminés chaque année par le virus de SIDA[7].
En ce qui concerne le travail des enfants en Côte d’Ivoire, environ un enfant sur trois est obligé de travailler pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. On compte plus de 5.000 enfants travaillant dans les plantations de cacao, dont moins de 1 % sont rémunérés. En milieu urbain, le phénomène des « petites bonnes » est courant : il s’agit de (très) jeunes filles ivoiriennes qui sont exploitées comme domestiques. Notons également que le phénomène d’enfant soldat est très rependu en Côte d’Ivoire. En effet, elle fait partie des 20 pays de la liste noire des nations en guerre qui utilisent des enfants-soldats. L’UNICEF estime qu’environ 5.000 enfants-soldats ont pris part aux affrontements ayant eu lieu d’abord lors du coup d’état de 1999 ainsi que pendant le conflit armé de 2010[8]. Un autre problème à prendre en compte est le mariage d’enfants. 35 % des jeunes femmes ivoiriennes confient avoir été mariées avant l’âge de 18 ans. Ces mariages ont des conséquences graves sur la santé des jeunes filles qui ne sont pas psychologiquement et physiquement préparées. Elles ne comprennent pas toutes les obligations et les conséquences qu’engage un mariage.
Cependant, malgré toutes ces difficultés d’épanouissement que connais les enfants en Afrique en générale et en Côte d’Ivoire en particulier, des mécanismes visant à les protéger sont mis en place tel que la charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant. Adoptée à la vingt-sixième conférence des chefs d'État et de gouvernement de l'OUA à Addis-Abeba (Éthiopie) en juillet 1990, cette charte est rentrée en vigueur le 29 novembre 1999. L’objectif de cette charte est de défendre toutes mesures appropriées pour promouvoir et protéger les droits et assurer le bien-être de l'Enfant africain. Elle a été signée par 53 pays dont la Côte d’Ivoire le 27/02/2004, mais qui ne l’a toujours pas ratifiée.
En matière de perspectives il est important de noter que l’avenir des enfants africain reste une situation préoccupante. Une situation préoccupante en ce sens que ces enfants vivent encore dans des situations très précaire notamment au niveau de la santé, de l’éducation (quelque 45,5 millions d’enfant en Afrique subsaharienne ne sont toujours pas scolarisés)[9], de la pauvreté, des guerres etc.
Cependant, malgré tous ces maux, dans certains pays, pour fêter la journée de l’enfant africain cette année, des manifestations sont organisées selon le célèbre site internet journée mondiale. Des enfants et des adultes viendront à Soweto pour exiger des dirigeants africains qu’ils aident les orphelins et les enfants vulnérables en Afrique du Sud. Loise BWAMBALE, membre du parlement panafricain, dirigera les opérations. Au Kenya, une mobilisation immense, avec près de 5.000 enfants, se rassemblera à Thika. L’événement aura lieu au Kiandutu Slum, dont le pourcentage d’enfants orphelins est le plus élevé. Le vice-président sera présent, mais l’invité d’honneur sera un enfant. En Tanzanie, des mobilisations et une conférence de presse marqueront la Journée de l’Enfant Africain. Au Sénégal, une manifestation énorme impliquant 500 enfants est prévue. Une réunion géante de lobbying avec le président du Sénégal et des enfants est prévue pendant l’événement. Des célébrités telles que Youssou NDOUR, Baaba MAAL, Coumba GAWLO, Viviane NDOUR, Mada Ba, Oumar PENE, Abdou DJITE ont toutes été invitées aussi[10].
En outre pour l’améliorer la situation des enfants africain, la priorité reste la lutte contre la mortalité infantile qui ravage encore le continent. Les gouvernements d’Afrique doivent mettre en place des fonds significatif pour sauver les enfants africains. Vive les enfants africains et du monde entier !

Mohamed kerfala KOMARA est étudiant en Master I Éthique et Gouvernance option Gestion des conflits au Centre de Recherche et d'Action pour la Paix (CERAP). Il peut être joint à mkkomara@gmail.com
Cet article a été publié dans le cadre de ma collaboration avec le R.A.I.D.H


[1] Banlieue noire située à 24 km au sud-ouest de Johannesburg dans la province d'alors du Transvaal (aujourd'hui situé dans le Gauteng). 
[2] Politique dite de « développement séparé » affectant des populations selon des critères raciaux ou ethniques dans des zones géographiques déterminées. 
[3]Quid 1995, page 942c (Afrique du Sud / Histoire)
[4] www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=S/RES/418(1977)(consulté le 04/06/13)
[5] http://www.humanium.org/fr/cote-d-ivoire/ (consulté le 12/06/13)
[6] Idem 
[7] Idem 
[8] 8 Donnée statistique de l’UNICEF rapportée par Humanium.
[9] http://www.unicef.fr/contenu/actualite-humanitaire-unicef/journee-de-l-enfant-africain-2010-2010-06-16(consulté le 12/06/13)
[10] 10http://www.journee-mondiale.com/61/journee-mondiale-de-l-enfant-africain.htm (consulté le 12/06/13)  

vendredi 17 mai 2013

L’apolitisme des jeunes africains.



L’apolitisme des jeunes africains par Mohamed kerfala KOMARA ;

La participation à la vie publique constitue la première manifestation du rôle du citoyen et s’incarne dans l’architecture même de la cité (État). En politique, le citoyen est un personnage majeur qui dispose du droit de vote et possède les droits et les devoirs liés à sa nationalité. Ainsi, la citoyenneté implique la participation aux charges publiques qui sont réglementées et codifiées par des textes ou par des pratiques coutumières. De cette participation découle la notion de Droit et de Devoir. L’espace public est très important ici voire sacré dans la mesure où il permet aux citoyens de délibérer après avoir participé aux affaires communes.
Cependant, de nos jours nous assistons à nous assistons d’une part, à une baisse importante de la participation des jeunes notamment en Afrique et corrélativement d’autre part, à une augmentation de leur désintérêt vis-à-vis des charges publiques. Ce fait aiguise notre curiosité sur des questions à savoir : Pourquoi les jeunes refusent-ils de s’intéresser à la politique ? Pourquoi est-ce que l’on ne doit pas refuser de s’intéresser à la politique ? Quelles sont les suggestions que nous pouvons donner pour inciter les jeunes africains à s’intéresser à la politique ?
L’opinion publique en générale, et plus particulièrement les jeunes, a une mauvaise image de la politique. L’on se demande souvent quelles sont les causes de cette réalité. Sans doute à cause de l’image que certains dirigeants politiques véhiculent en dégradant le sens noble du terme politique (l’aliénation politique). Ou encore peut être dans la pensée commune la politique signifie être Président ? En Afrique la politique est perçue par les gens comme une fatalité. Un jeune qui décide de faire des études en politique est considéré comme une personne qui ne sait pas ce qu’il veut. Certains parents décourage totalement leurs enfants à s’intéresser à la politique en leur faisant croire que celle-ci est synonyme de mensonge, de détournement, d’une mauvaise fin, Et cette liste est seulement énumérative, de nombreux autres termes péjoratifs sont employés pour qualifier la politique. Quand on fait un sondage au niveau des jeunes âgés de 18 à 25 ans pour savoir l’intérêt qu’ils portent à la politique, on se rend compte que la plupart de ces jeunes ont une image très négative d’elle. Pour illustrer ce fait, un petit sondage sur le réseau social (Facebook) a permis de se faire une idée de ce que pensent les gens de la politique. Il faut dire que sous l’onglet « opinion politique » des membres de ce réseau social, en moyenne sur 20 profils visités, seuls 5 délivrent une opinion claire de la politique. Ce qui veut dire ici que les 15 autres personnes pensent que la politique ne sert à rien en disant je cite « Pas le temps pour ça, rien à faire, que du mensonge, » et pour d’autres des termes insolents. Notons que cette statistique n’est pas exhaustive, mais reflète néanmoins un aspect de l’opinion qu’ont les jeunes africains sur la politique.
Pour la plupart des gens en Afrique, s’intéresser à la politique est synonyme de danger pour soi et pour sa famille. Et dans la majorité des pays africains, les gens refusent même de parler de la politique parce qu’ils pensent qu’on peut à tout moment les arrêter pour ce qu’ils diront. Il est vrai que l’État de droit n’est pas vraiment consolidé en Afrique, mais est-ce une raison de penser que la politique est une fatalité ?
NON, la question que nous devons nous poser est la suivante : la majorité des jeunes africains savent-il ce qu’est la politique ?
En effet, plusieurs personnes seront de même avis que moi sur le point suivant : si la politique est la gestion codifiée de nos différences à travers des règles bien définies, alors tout le monde fait de la politique de façon désintéressé. Donc dans ce cas, ne pas s’intéresser revient à fuir ses responsabilités dans la mesure où ses règles ont été fixées ensemble d’une façon ou d’une autre. La politique c’est le vivre ensemble dans une localité, un territoire, une société ou un État avec d’autres personnes qui n’ont pas forcément les mêmes valeurs que nous. D’où l’intérêt d’un pouvoir institutionnalisé pour mieux gérer nos différences. Cette façon de réguler nos modes de vie aux travers des conventions, traités, accords, lois etc. représente le sens noble de la politique. Sans ces harmonies, les peuples vivraient dans une jungle totale qui favoriserait la barbarie. Il faut noter que la politique est le contraire de toutes les spéculations de la rue, c'est-à-dire le mensonge, le détournement etc. l’on doit s’intéresser à la politique parce qu’elle permet aux individus d’affronter leurs vies, leurs futurs ensemble.
L’apolitisme est une fuite de responsabilité aussi parce que ne pas faire la politique, c’est renoncer au pouvoir que l’on détient dans une société. Ce renoncement est regrettable dans la mesure où les règles qui seront établies par les autres seront valables pour tout le monde.
C’est pourquoi, je réaffirme que faire fi de nos devoirs civiques, intérêts de notre société est une fuite de responsabilité. Et d’ailleurs c’est dans ce même cadre qu’Aristote déclarait « L’homme est un animal politique, essentiellement défini par sa sociabilité et par les règles que cette qualité suscite : il a naturellement un penchant à s’associer. L’homme est voué à la politique et non contraint : il ne peut réaliser sa pleine et entière humanité qu’au contact de ses semblables dans la cité. La fin ultime de cette cité est le bonheur de l’homme, en tant qu’activité de la raison[1]». Il faut dire aussi que le fait pour les personnes qui critiquent la politique de s’y intéresser peut constituer un véritable signal d’alerte pour les dirigeants africains. Les ignorer, c’est prendre le risque qu’ils nuisent au climat social et refuser d’y prendre part, c’est risquer d’être considéré comme un naïf, isolé dans son coin et être progressivement mis à l’écart. Voilà pourquoi rester en dehors de la politique, c’est fuir ses responsabilités.
Pour les gens qui s’intéressent à la politique, il est impératif avant tout qu’ils aient une bonne image de la politique. Pour ce faire, les individus doivent être conscients de leurs rôles citoyens en ayant un sens politique et s’en servir efficacement. S’intéresser à la politique ce n’est pas de devenir un expert en manipulation, mais plutôt développer une intelligence situationnelle et utiliser son influence légitime pour faire progresser sa société, son État, son environnement etc. L’enjeu ici est d’élaborer la cartographie des jeux de pouvoirs en vigueur dans son environnement et s’y situer en écoutant les besoins de son entourage et comprendre ses contraintes. Mais aussi entretenir son réseau pour diffuser ses idées.
C’est pourquoi, je pense qu’il est impératif que les africains se détachent des connotations négatives sur politique. En effet, ne pas se limiter à résumer la politique aux actions posées par un homme politique ou gouvernement est une forme de détachement. Plusieurs actions peuvent être entreprises par les jeunes africains par les jeunes africains pour s’impliquer davantage dans l’émergence de l’Afrique sur la scène internationale. Notons que ces actions peuvent passer par des faits ou événement politique bien organisés par la diaspora ainsi que les locaux. Tous les jeunes africains doivent être conscients de la valeur de leurs « carte d’électeur ». Cela peut être un véritable phénomène de déstabilisation pour les dirigeants ‘’dictateurs’’. L’exemple le plus illustrant est le cas du Sénégal où les jeunes ont utilisé leurs cartes pour voter contre leur ex-président Abdoulaye WADE.
En définitive, chaque citoyen est tenu de s’intéresser à la politique afin de délibérer sur le mode de gestion de sa cité.
Comme on le dit souvent en Afrique, « si tu ne fais pas la politique, la politique va te faire ».

Mohamed kerfala KOMARA est étudiant en Master I Éthique et Gouvernance option Gestion des conflits au Centre de Recherche et d'Action pour la Paix (CERAP). Il peut être joint à mkkomara@gmail.com




[1] Tricot, Aristote, La Politique. Livre III, Paris, Vrin, 1962.

vendredi 8 mars 2013

L'ethnocentrisme en République de Guinée.



Publié le 18/12/2008 sur le site de l'École Supérieure des Sciences Politiques et Relations Internationales (ESSPRI).
L'ethnocentrisme en République de Guinée, par Mohamed kerfala KOMARA ; 

L'ethnocentrisme en république de Guinée n'est pas de la désinformation, c'est une réalité. Beaucoup de personnalités politiques sont essentiellement choisies sur la base ethnique bien que la loi l'interdit. Il est dit dans la constitution guinéenne de 2010 que les partis ne doivent pas être fondés sur des appartenances «Ils ne doivent pas s'identifier à une race, une ethnie, une religion ou une région[1]  Plus loin la loi guinéenne condamne l’ethnocentrisme en ses termes « La loi punit quiconque par un acte de discrimination raciale, ethnique, religieuse, par un acte de propagande régionaliste, ou par tout autre acte, porte atteinte à l'unité nationale, à la sécurité de l'État, à l'intégrité du territoire de la République ou au fonctionnement démocratique des Institutions[2].»
Malgré tous ces efforts de régulation, notons que ce phénomène le cancer de la Guinée que tous les Guinéens et Guinéennes devraient s'unir pour combattre. En effet, c’est là un problème sérieux que nous devrons tous combattre de toutes nos forces et lutter contre ceux qui veulent remplacer la compétence par l'appartenance ethnique.
En Guinée, la formation des partis politiques étant basée sur le régionalisme, celle-ci menace la société et risque de provoquer l’effondrement de l'édifice social. C'est pourquoi nous devons, chacun à sa manière, essayé de combattre cette gangrène nationale.
Ces mêmes idées se rencontrent dans nos universités, nos écoles, nos bureaux, nos mosquées et nos églises. Pourquoi la coordination Haly Pular, la coordination des Soussous, la coordination Mandingue et celle forestière et non pas des Guinéens ? Quelles sont les solutions que nous pouvons apporter pour éradiquer ce fléau qui tend à déchirer notre tissu social ?
À mon avis, la population est tombée dans le piège de l'ethnocentrisme de politiciens. En effet, la classe politique guinéenne utilise ce phénomène comme une plaie béante que fait saigner délibérément pour arroser ses intérêts égoïstes. Il est une arme maléfique entre les mains de ceux qui sont en perpétuelle quête de pouvoir.
Ce que je pense aussi de l’ethnocentrisme en Guinée est que, plusieurs partis politiques sont en réalité des entreprises privées qui n'ont rien à donner au Peuple. Certains parmi ces gens sont parfois des employeurs qui prennent un malin plaisir à recruter l'essentiel du personnel de leurs entreprises au sein de leurs ethnies.
La vérité est que l'on essaie de se voiler la face et nier ce phénomène, mais il est là, visible. Il s'impose à nous, dressé comme une montagne. Étant donné que le pays est divisé en quatre régions naturelles et que chaque région à des ethnies qui lui sont particulière il sera difficile de l'éradiquer. Pour cela faut-il repenser un redécoupage territorial ?
La vérité est qu'en Haute Guinée, les Malinkés ne votent que pour un Malinkés, un groupe de personnes est qualifié de « Toukoromos » ou « broussards » par conséquent « sauvages » par un autre qui se croit supérieur.
La vérité est aussi qu'en Moyenne Guinée, les Peulhs ne connaissent que les Peulhs, et il y'a des personnes qui continuent à cultiver la perception selon laquelle, il y a des « nobles » puis les « Baledios »« noirs ou esclaves ».
 La vérité est également qu'en Basse Guinée le Soussou ne donne la tête à couper que pour un Soussou. Précisément à Conakry, l'expression dérogatoire « fouledhi » est couramment employée qui signifie (le petit Peulh).
La vérité est également aussi que les forestiers ne connaissent que leurs parents, et se comporte conséquemment.
Curieusement, il n'est pas rare de constater que ceux-là même qui se croient plus « civilisés » en Haute Guinée ou plus « nobles » en Moyenne Guinée soient les premiers à crier à tout bout de champs à l'ethnocentrisme.
Comme moyens de lutte contre l'ethnocentrisme, l'ethno stratégie et l'ethnophilosophie, au niveau de la société civile, l'implication de la famille, de l'école, de la mosquée et de l'église. Au niveau de l'éducation, elle passe inévitablement par la reconnaissance absolue de l'homme par l'homme, par la société politique, la volonté politique, le cousinage, la mise en place d'un code de conduite axé sur les valeurs guinéennes, la méritocratie et la sanction. La prise de conscience, la volonté d'assurer l'épanouissement moral et intellectuel, la volonté d'accepter l'homme comme un tout absolu.
Ainsi, en Guinée, tout le monde doit également combattre l'ethnocentrisme qui ne mène qu'à la guerre civile. Nous devons former un peuple uni et ambitieux. Encore une fois l'ethnocentrisme en Guinée n'est autre que le jeu des politiciens véreux. Par conséquent, l’avenir n’appartient qu’aux jeunes qui ont la prérogative de prendre notre chère Guinée en main.

Mohamed kerfala KOMARA est étudiant de Master I Éthique et Gouvernance option Gestion des conflits au Centre de Recherche et d'Action pour la Paix (CERAP). Il peut être joint à mkkomara@gmail.com




[1] De la Souveraineté de l’État, Article 3, Alinéa 1
[2] De la Souveraineté de l’État, Article